jeudi 8 avril 2010

Le contrôleur de gestion : bras droit du dirigeant et conflit interne

En plus d’apporter son expertise, le contrôleur de gestion peut servir de bras droit au dirigeant. Bien sur, en occupant cette fonction informelle, il y a un risque de conflit avec le propriétaire.

En tant que bras droit du propriétaire, le contrôleur de gestion peut donner son avis sur les activités de la compagnie. L’on voit souvent un propriétaire qui dirige son entreprise depuis de nombreuses années sans jamais prendre l’avis des autres. En employant un contrôleur de gestion avec une formation universitaire, il y aura enfin quelqu’un pour confronter ses idées. Dans certains cas, cela peut s’envenimer et rendre le climat de travail intolérable, mais si le tout est fait professionnellement, cela mènera à une meilleure prise de décision qui tiendra compte autant de l’expérience du propriétaire que de l’expertise et de la nouvelle vision du contrôleur de gestion.

De plus, en ayant un bras droit qui est capable de prendre des décisions et de faire fonctionner l’entreprise par lui-même, le dirigeant aura plus de « temps libre ». Il pourra ainsi faire toutes ces choses qu’il reportait continuellement au lendemain. J’aimerais ici citer un professeur de l’Université Laval, Carl Thibeault, qui répète sans cesse « je n’ai pas le temps aujourd’hui mais la semaine prochaine je vais pouvoir…une semaine plus tard, je n’ai pas le temps aujourd’hui mais le mois prochain je vais pouvoir… ». Ainsi, en faisant appel à un contrôleur de gestion, le dirigeant aura le temps pour prendre son mercredi après-midi et enfin réfléchir à l’orientation stratégique de sa compagnie plutôt que de continuellement avancé la tête baissé en espérant que tout ira bien. Ce temps libre pourra également servir à revoir les processus de l’entreprise afin de la rendre plus efficiente et plus rentable.

Bien sûr, le problème avec la venue d’un nouvel avis est que le propriétaire n’a souvent pas l’habitude de partager son autorité avec une autre personne. Cela peut donc provoquer des conflits à l’interne. Le contrôleur de gestion doit donc prendre en compte cette réalité et ne pas chercher à s’incruster trop rapidement, il doit laisser le temps au propriétaire de s’adapter peu à peu.
Il y a également la possibilité que les employés ne sachent plus qui écouter si les mesures prises par le dirigeant ne sont pas en accord avec celle prise par le contrôleur de gestion. Afin de contrer cela il sera important que le contrôleur de gestion ait toujours l’appui de son employeur lorsqu’il mettra en place des mesures afin que les employés adhère bien aux nouveaux programmes en sachant que ce n’est pas une décision seulement prise par le contrôleur de gestion mais bien une décision qui provient du patron.


Autre point

La présence de mesure de contrôle de gestion dans une compagnie peut aider la revente de la compagnie après le départ du propriétaire car cela rend la gestion moins centré autour d’une seule personne. En effet, plusieurs PME n’ont pas une bonne valeur de revente car une fois que le propriétaire est parti, l’entreprise n’avance plus. En faisant appel à un contrôleur de gestion pouvant aider à la prise de décision et qui a une bonne connaissance de l’entreprise, celle-ci devient plus autonome et la transition entre deux propriétaires peut s’effectuer plus en douceur.

4 commentaires:

  1. De dire que le contrôleur doit avoir l’appui du patron dans ses actions est vrai mais en réalité, si le patron n’est pas d’accord, le contrôleur ne pourra pas appliquer son idée. En fait le contrôleur n’est pas là pour prendre des décisions, il est là pour conseiller le dirigeant mais au bout du compte, c’est le dirigeant qui prendra la décision. Le contrôleur devra se plier à cette décision même si elle n’est pas celle que lui aurait privilégiée. Il est important de garder ça en tête, car on peut avoir des surprises quand on commence en entreprise. Il est évident qu’il y a des cas où le dirigeant fait confiance aveuglément à son contrôleur et suit ses suggestions à la lettre, ceci n’est pas sans risque non plus car l’expérience du dirigeant doit également peser dans la prise de décision. Donc il faut que la relation soit donnant-donnant, le dirigeant doit prendre en compte l’avis du contrôleur mais il ne doit pas le suivre en prenant tout pour acquis.

    Nous sommes entièrement d’accord; beaucoup de PME dépendent entièrement du propriétaire dirigeant. On aimerait également ajouter qu’il faut que le dirigeant apprenne à déléguer pour y arriver car, malgré des contrôles de gestion, si le dirigeant garde toutes les fonctions importantes, la transition ne sera pas facile si le nouveau propriétaire n’a pas les mêmes qualifications. Une direction indépendante, du moins en partie, risque de rendre l’entreprise plus intéressante pour un acheteur ou un investisseur potentiel. Si l’entreprise souhaite continuer à prendre de l’expansion, elle va probablement se rendre à l’entrée en Bourse éventuellement. Comme il y a de nombreuses règles à respecter, commencer plus tôt dans le cycle de vie de l’entreprise à mieux la gérer risque de rendre la transition plus facile. De plus, l’acheteur ou l’investisseur aura une meilleure idée de la valeur réelle de l’entreprise, et pourra prendre des décisions éclairées à son égard.

    Jennifer et Véronique

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  2. Mandat 2

    La principale difficulté pour un contrôleur de gestion dans une PME est de se faire accepter, en effet les propriétaires de manière générale ne voient que le côté financier des choses. L’embauche d’un contrôleur constitue avant tout pour eux une dépense qu’il va falloir justifier. Il faudra donc que le contrôleur prenne des décisions qui produisent des résultats immédiats. D’autre part, les propriétaires de PME ont énormément de difficulté à déléguer du pouvoir dans l’entreprise. Cette situation limite les actions du contrôleur qui doit faire face à une grande résistance au changement du propriétaire et des autres employés. Que faire alors pour faire sa place au sein du PME? Je pense que la communication est essentielle avec les partenaires et plus particulièrement le propriétaire afin de lui démontrer les gains financiers qu’il peut retirer des mesures proposés qu’il n’est pas toujours en mesure de comprendre. De plus, il faut aussi que le contrôleur sache s’adapter au besoin de l’entreprise, en effet certains peuvent être tenté de ‘’refaire le monde’’ en voulant mettre en place des outils de gestion trop complexe pour l’entreprise comme un tableau de bord équilibré, une comptabilité par activité mensuelle et etc.; ce qui n’est pas souhaitable car inapplicable pour une majorité d’entre eux sur une base régulière, et aussi parce que le contrôleur en perdrait de la crédibilité. Le défi pour un jeune contrôleur au sein d’une PME est donc de trouver un juste milieu entre ses connaissances académiques et la réalité de l’entreprise, tout en considérant une certaine lutte de pouvoir pour s’intégrer efficacement au sein de l’entreprise.

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  3. MANDAT # 5 : Maxime Postec

    Je pense que dans les 10 à 15 prochaines années le contrôleur de gestion n’aura pas plus de place dans la TPE (déjà qu’il en a peu…) alors que le contrôle de gestion sera d’avantage présent.

    Il n’y aura pas de changement dans les caractéristiques de la TPE au niveau financier (restriction de capital, début difficile, nécessité de financer sa croissance…) ou organisationnel (prépondérance du dirigeant, fort intuitu personae…), je ne vois donc pas en quoi le contrôleur de gestion sera plus présent.

    Cependant je fais une distinction entre le métier et la compétence car les problématiques du contrôle de gestion peuvent être portées par d’autres individus et notamment par le dirigeant de l’entreprise. Les dirigeants/créateurs sont de moins en moins des autodidactes et le pourcentage de créateur ayant suivi des études universitaires augmente d’année en année. Il faut à cela ajouté le départ à la retraite des baby boomers qui résultera par des disparitions d’entreprise mais aussi par des reprises par des jeunes.

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